11 Mar 2021

Interview avec Sandrine Pincemin

La cellule IPN tient à mettre en valeur différentes initiatives pédagogiques mises en place au sein de l’EPF.

C’est pourquoi, nous ouvrons aujourd’hui une nouvelle rubrique « L’interview » et notre première invitée est Sandrine Pincemin, enseignante-chercheuse et responsable de Bachelor sur le campus de Montpellier.

  • Bonjour Sandrine ! Pourrais-tu te présenter brièvement s’il te plaît ?

Je suis arrivée en novembre 2011 sur un campus de Montpellier assez désertique, puisque nous n’étions que François Stéphan et moi. Précédemment, j’étais ingénieure recherche au CSTB à Sophia Antipolis.

Je suis arrivée en tant que responsable pédagogique de ce qui est maintenant la majeure « Energie & Environnement ». Initialement, je me suis occupée du montage et pilotage de la filière énergie en 4A, puis de « Eau énergie environnement ». Une autre personne est venue pour la piloter en 2013 et j’ai monté et piloté « Energie conventionnelle et durable ». En 2017 / 2018, on a monté avec Julia Mouton la majeure « énergie & environnement », qui fusionne entre autre les orientations « Eau énergie environnement » et « Energie conventionnelle et durable », ainsi que la filière / orientation « Environnement » qui était sur Sceaux. Nous avons pu lors de cette conception renforcer l’approche industrielle.

Pour les cours, en ce moment je donne des cours d’énergétique et stockage en 5A, les cours de simulation thermique dynamique en 5A, les cours de conversion d’énergie en 3A, introduction à la recherche en 3A, les cours d’introduction à l’énergie en Bachelor 1A et les cours de thermodynamique appliquée en bachelor 1A. Enfin, j’ai toujours quelques suivis de projets en 4A et 5A.

  • Comment fais-tu pour rendre les étudiant.e.s actif.ve.s lors des séances ?

Avant tout, avec des cours en ligne à préparer en amont par les étudiant.e.s. Les moments avec les étudiant.e.s sont uniquement des études de cas, je les mets en petits groupes et je tourne de groupe en groupe. Il y a ponctuellement des moments où je parle à toute la classe.

Ça se passe bien en présentiel. En virtuel, c’est beaucoup plus compliqué. Il a fallu que je fasse beaucoup plus de points groupés. Et finalement, je reçois en dehors de cours planifiés des groupes d’étudiant.e.s pour leur permettre d’avancer et de poser plus facilement leurs questions.

L’évaluation des cours est essentiellement en mode projet pour les 4A et 5A.

  • Comment fais-tu pour permettre aux étudiant.e.s  de suivre leurs progrès dans la matière ?

J’ai encore beaucoup de progrès à faire sur ce point ! Pour l’instant, je leur donne des exercices à faire et je suis plutôt dans l’échange avec eux. Donc, en gros, s’ils ne comprennent pas, je me rends disponible pour reprendre les points bloquants avec eux.

  • Est-ce que tu proposes aux étudiant.e.s des activités à faire en autonomie ? De quel type ?

Je leur propose des exercices d’application directe du cours à faire en autonomie ou bien des vidéos du cours à visionner en amont.

  • Comment fais-tu pour personnaliser l’apprentissage des étudiant.e.s malgré le grand groupe ? Penses-tu y arriver ?

Grâce à l’évaluation en mode projet, avec le sujet du projet donné au bout de la première semaine du cours. Les contenus du cours sont des entrées du projet. Sans les cours, impossible d’avancer dans le projet !

Pour la simulation thermique dynamique, les projets donnés aux étudiants sont des projets soit en lien avec le projet du semestre, si cela s’y prête, soit des sujets qu’on définit ensemble. Si les étudiant.e.s n’ont pas d’idée, j’ai des sujets en stock que les étudiants peuvent choisir, comme modéliser une serre en Alaska pour permettre aux inuits d’avoir des légumes frais (vrai sujet de recherche de collègues hors EPF), et en général les sujets de ce style motivent les étudiant.e.s.

En énergétique / stockage, on est deux enseignant.e.s pour le cours, et en exemple de projet on peut donner « réponse à l’appel à projet de la ville de Paris pour définir des infrastructures respectueuses de l’environnement et durables dans le temps pour les JO de 2024 ». Le projet est donné au début du cours. Les étudiant.e.s développent leur concept et on valide au fur et à mesure car ils intègrent des éléments du cours dans leur projet.

  • Quelles sont les activités les plus appréciées par les étudiant.e.s parmi celles que tu leur proposes ? Pourquoi, à ton avis ?

Les projets, car c’est varié, assez libre, même si le périmètre est défini. Les solutions techniques choisies par les étudiants sont libres (mais soumises à validation obligatoire). En plus de l’aspect créatif, c’est l’approche globale qui les attire (énergétique, financière, environnementale, questions de mécanique aussi). Finalement, ce sont des projets de synthèse de ce qu’ils ont fait. Cela ne fonctionne qu’avec les 5A. Pour les autres cours, je pense que ce que les étudiants apprécient le plus, c’est la remise en contexte de ce qu’ils étudient avec un lien réel qui se fait par la visite des installations, si l’on peut, par des échanges avec les entreprises, etc.

  • Quelle est la définition que tu pourrais donner d’un.e enseignant.e innovant.e ?

Enseignant qui s’adapte à son public et aux attentes de ses étudiant.e.s sans pour autant perdre ses objectifs. L’innovation n’est pas uniquement avec l’utilisation d’outils numériques mais aussi par une adaptation rapide des enseignements aux connaissances et compétences des étudiants qui changent d’une promo à l’autre. Finalement, nous sommes plus dans un rôle d’expert que sachant.